DE L'USAGE RAISONNE DES TICE (ou des TIC)

La leçon de mathématiques avec l'usage des TICE introduit un côté ou plutôt une perspective expérimentale dans les Mathématiques comme il en existe déjà dans les Sciences: c'est la démarche d'investigation par laquelle est incluse une démarche expérimentale .

Mais justement ce caractère expérimental (ou conjecture ) pourrait-on dire en Mathématiques) n'est il pas propice à une paresse de l'esprit loin de la rigueur de la démonstration et de l'argumentation mathématique. Autre problème: ces manipulations interactives permettent- elles vraiment une appropriation des problèmes par les élèves ( c'est la grande mode ,actuellement, de la situation problème ,servie à toutes les sauces) ? Par contre, j'y vois surtout et souvent des compétences informatiques à valider en dehors du contexte scientifique et loin d'une acquisation des outils et des compétences mathématiques. N'y laisse t'on pas ,aussi, beaucoup de rigueur scientifique et de savoirs procéduraux ,certes répétitifs, mais encore nécessaires pour l'appropriation des acquis.

Enfin qu'apporte réellement une séance avec usage des TICE (avec ou sans TBI) par rapport à une séance classique au "tableau noir "en termes de contenus, de savoirs et d'acquisitions futures pour nos élèves . Peut on vraiment évaluer, à ce jour, l'impact réel des TICE sur l'évolution des connaissances de nos élèves . Si l'usage des TICE est maintenant ancré dans les pratiques pédagogiques , son efficacité n'a jamais fait l'objet pour le moment d'une évaluation poussée, d'une comparaison raisonnable ou d'un diagnostic éminent.

Je suis, pourtant , un fervent partisan de la bonne intégration des TICE dans nos enseignements. Je suis profondément convaincu par la nécessité et même par l'obligation d'utiliser les TICE. Mais , mais ... ! En alternance avec d'autres processus d'apprentissage. Une séance Tice est un autre moyen d'acquisition de connaissances et de compétences mais ce n'est pas le seul et surtout les TICE n'ont pas le privilège, ni la capacité de pouvoir résoudre les problèmes de l'enseignement des Mathématiques et des autres disciplines à elles toutes seules.

En clair, il n'existe pas de méthodes prédominantes l'une sur l'autre , chacune ayant ses avantages et ses inconvénients ; alors, profitons de cette coexistence de moyens, utilisons tous les supports et les processus nouveaux ou " traditionnels " possibles. Ne crions pas aux loups sur les méthodes pédagogiques "traditionnelles" ,ce serait renier celles là ,mêmes, qui nous permettent d’atteindre le niveau de réflexion, actuel . La société évolue hélas souvent en passant d’un extrême à l’autre, balayant d’un revers de main des idées anciennes, en occultant tout ce qu’elles ont apportées de positif, au profit d’autres qui promettent monts et merveilles. L’histoire montre que ce genre d’attitude conduit généralement à d’amères désillusions et nous maintient en va et vient perpétuel entre un excès et son contraire. Soyons reconnaissant envers l’enseignement "traditionnel" qui a fait ses preuves et demeure essentiel . Par contre ,privilégier une voie plus qu'une autre est certainement une erreur impardonnable . Aussi ,seule la diversité des moyens et des méthodes pourra certainement apporter des solutions dans l'évolution des connaissances ,des compétences et des savoir-faire de nos élèves.

moi2.jpg (2613 octets)Daniel Mentrard